Tagtik

Jacques Borlée fait son autocritique

(AgenceSport) Le père de Kevin et Jonathan reconnaît que si ses fils étaient prêts physiquement, ils ont - par sa faute - mal préparé psychologiquement le tourbillon médiatique qui a suivi le temps canon de Jonathan en série. "Nous n'étions pas prêts à tout ça", reconnaît-il.

Le propre des perfectionnistes, c'est qu'ils sont toujours prêts à apprendre de leurs erreurs et à se remettre en question après une déception. Jacques Borlée, le papa et entraîneur de Kevin et Jonathan, est d'une grande honnêteté intellectuelle après l'échec - relatif - des jumeaux en finale du 400 m. Pour lui, le trio qu'il forme avec ses fils était insuffisamment préparé psychologiquement et la famille Borlée a été en quelque sorte dépassée par le gigantisme des Jeux. C'est ce qu'il explique à la DH dans un entretien sans faux-semblant. "Que Jonathan ait couru 44.43 en séries n'est pas un problème en soi. C'est toute l'effervescence qui a suivi après cela. Les médias, vous mais aussi les étrangers, l'ont placé en pleine lumière. D'un coup, mes fils sont devenus les deux favoris. Tout ça, plus un tas d'autres détails, ça a fait que nous avons vraiment été secoués pendant presque quarante-huit heures. Finalement, ce n'est que juste avant le départ de la finale que Kevin et Jonathan ont retrouvé la tranquillité et la sérénité indispensables pour performer à ce niveau. Mais c'était trop tard. Avec du recul, je me dis que nous n'étions pas prêts à tout ça", reconnaît Borlée senior qui avoue que le déroulement des événements a pris le clan Borlée de court. "Il faut croire que nous ne sommes, et moi en premier lieu, pas allés assez loin dans l'anticipation. Je n'ai jamais pensé une seule seconde à des scénarios qui me semblaient totalement irréalistes. À l'avenir, il faudra aussi les envisager. Je suis responsable de cela. Après le temps canon de Jonathan, il y avait le feu dans la forêt et nous ne l'avons pas éteint. Je n'en veux évidemment pas à mon fils d'avoir couru si vite. Je crois d'ailleurs qu'ils ne s'en est même pas rendu compte avant d'avoir franchi la ligne d'arrivée.", conclut Jacques Borlée. (LB /Picture : Belga)

Pour aller plus loin