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Pourquoi sommes-nous malades dans les transports ?

Il est arrivé à tout le monde, ou presque, d'avoir le ventre noué en voiture, en train, en bus ou même en bateau. Ce phénomène désagréable qu'est le mal des transports, aussi appelé cinétose, est à l'intersection de plusieurs facteurs. Ces derniers proviennent de notre organisme, plus précisément de nos yeux, nos muscles et notre oreille interne. Quand l'un informe notre cerveau sur un état physique, l'autre lui dit le contraire. C'est cette incohérence qui provoque la nausée que nous connaissons tous, propre au voyage en transports. 

Doté de 6 muscles, chaque œil est en mouvement. De gauche à droite et de haut en bas, notre œil bouge par saccades. Elles interviennent trois fois par seconde. Une fois terminées, l'œil se fixe et commencent alors les stabilisations. C'est ainsi que nous pouvons lire. Ajoutons également que nous clignons des yeux entre 15 et 50 fois par minute, en fonction de notre degré d'anxiété. 50 clignements indiquent un état d'angoisse bien présent. Nos yeux ne sont donc pas immobiles, même si nous avons l'impression de voir une image fixe. En fait, notre cerveau anticipe et reconstruit l'image afin que notre environnement nous soit accessible par la vue. 

L'oreille interne joue aussi un rôle dans l'état qui nous incommode en transports. « Derrière le tympan se trouve le système vestibulaire : trois petits canaux semi-circulaires, dans lesquels voyage un fluide et qui renseignent le cerveau sur notre équilibre : sommes-nous debout assis, couchés ? Sommes-nous en train de marcher ? » détaille la RTBF avec l’aide du professeur de physique à l’ULB et du vulgarisateur scientifique, Pasquale Nardone.

Finalement, nos muscles agissent en véritables indicateurs. Ils renseignent le cerveau sur notre position, ils lui permettent de savoir si nous marchons, nous pratiquons du vélo, si nos pieds touchent le sol ou pas... 

En voiture ou autre transport, notre cerveau enregistre donc les informations provenant de nos muscles, de notre oreille interne et de nos yeux. Si le message transmis est incohérent, un réflexe va apparaître et venir remuer ce qu'on appelle le centre du vomissement dans une partie de notre cerveau. Voilà ce qu'il se produit lorsque nous voyageons. Le livre que nous tenons en main (la tablette, le smartphone…) se présente comme une image fixe mais nos muscles et notre oreille interne signalent au cerveau que nous sommes en train de bouger. Il y a incohérence entre les informations. Et, quand le cerveau juge que nous nous trouvons dans une situation dangereuse, de toxicité probable, il réagit. Si la tête tourne alors que l'image perçue par les yeux est stable, il se met en alerte. Le cerveau hallucine et pense que nous avons ingéré une substance toxique, que nous avons mangé ou bu en trop grande quantité. « Il déclenche un mécanisme de contrôle du suc gastrique, via le centre de vomissement. » explique la RTBF. Il veut expulser de notre corps la substance à l'origine des hallucinations. Il s'agit d'un réflexe cérébral visant à informer l'estomac d'une éventuelle intoxication. C'est pour cette raison que nous vomissons. Le problème étant que les nausées ne disparaissent pas tant que nous sommes dans un transport mobile, « conséquence de cette incohérence entre ce que donnent comme information les yeux et ce que donne le corps. » continue la RTBF. 

Le mal des transports serait un phénomène vécu et enduré par 70% de la population. Il est envisageable de ne plus en souffrir à condition d’éduquer notre cerveau. Pour les marins par exemple, le cerveau peut être éduqué au mouvement de la houle. Cet apprentissage se fait par anticipation et vise à faire comprendre au cerveau qu'il doit éviter de répondre à l'incohérence. Progressivement, le corps s'adapte au mouvement et le mal de mer est éradiqué.

Bien qu'expliqué de manière scientifique par le réflexe cérébral, le mal des transports suscite encore de nombreuses interrogations. « Pourquoi le trampoline ne provoque-t-il pas de nausée ?
Pourquoi les marins ont-ils parfois le mal de terre en rentrant au port ? »  
La recherche poursuit son cours…

(Anne-Sophie - Source : RTBF - Illustration : Pixabay - Free-Photos)

Anne-Sophie Debauche

Anne-Sophie Debauche

Rédactrice web - bien être et beauté au naturel - testeuse cosmétiques - écriture addict

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