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160.000 pédophiles potentiels en Belgique?

Peut-être pensez-vous, comme d'autres, que le clip vidéo de Child Focus est à la fois choquant et exagéré? Ceci devrait vous faire réfléchir.

Le week-end dernier, Child Focus publiait une vidéo de sensibilisation très contestée dans laquelle deux acteurs adultes reconstituaient une scène de sévices sexuels infligés à un enfant de huit ans.

Cette "vidéo confrontante", en ligne depuis dimanche soir, veille de la Journée européenne pour la protection des enfants contre les abus sexuels, a beaucoup fait parler d'elle. Au centre des débats, cette question : "Le combat contre les images pédopornographiques justifie-t-il pareille crudité?"

Peut-être pensez-vous, comme d'autres, que ce clip vidéo de Child Focus est à la fois choquant et exagéré? Mais ceci devrait vous faire réfléchir.

Des études internationales sérieuses montrent que 1% de la population masculine adulte est attirée par les enfants qui ne sont pas encore pubères et que 3% de ces hommes ont des sentiments pour les jeunes adolescents. Au total, cela concerne potentiellement 135 millions d'hommes dans le monde, et donc à peu près 100.000 à l'échelle de la Flandre ou 60.000 en Wallonie et à Bruxelles.

"L'image du 'paria', du 'monstre' enfermé dans une pièce sombre ou dans une cave est une illusion", déclare Minne De Boeck de "Stop It Now!", une ligne téléphonique d'assistance concernant les abus sexuels sur enfants, en activité en Flandre depuis août 2017. "Le fait qu'il s'agisse d'un problème à grande échelle signifie également que cela concerne un groupe hétérogène."

Le nombre d'images montrant des abus envers les enfants augmente de façon exponentielle. Dans le monde, on estime que 19 millions d'images d'abus commis sur des enfants sont échangées chaque jour. En 2018, Child Focus a reçu 1.728 signalements (+ 136% par rapport à 2017!), dont 530 ont été considérées comme des images d'abus sexuel sur des enfants.

En outre, la police fédérale belge a reçu 18.000 signalements de l'industrie des technologies. Facebook, par exemple, analyse tous les messages de Messenger pour rechercher des cas de maltraitance d'enfants. 42% d'entre eux ont été classés comme des abus.

(LpR avec Skwadra by Tagtik / Illustration: Pixabay)

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