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Le rêve brisé de Sophie Wilmès

L'état de grâce aura été de courte durée pour Sophie Wilmès. Propulsée sur le devant de la scène, saluée dans un premier temps pour son sérieux par la population et l'ensemble de la classe politique, elle est aujourd'hui brutalement redescendue de son nuage.

Les erreurs de gestion et de communication dans la crise sanitaire du covid-19 sont entretemps passées par là. Et le rêve de la Première Ministre, qui consistait à faire germer au sein du CNS l'embryon d'un futur gouvernement, semble aujourd'hui aussi irréaliste qu'inaccessible.

Les critiques ont fait leur retour, avec leur lot de petites phrases assassines et de petites mesquineries politiciennes. Les positionnements des uns et des autres se sont durcis. L'idée de constituer un gouvernement majoritaire rassemblant des partis miraculeusement soudés par la gestion de la crise s'est désintégrée, brisée par le retour des ambitions et des égos.

"Personne n’a osé prendre les rênes à l’heure de la crise. Sauf Sophie Wilmès qui fait le job", indique une source libérale. "Et maintenant que le gros de la crise est passé, on en voit plusieurs revenir dire qu’ils se verraient bien Premier ministre, tout compte fait."

Sophie Wilmès, elle, serait déjà lassée de gérer un gouvernement minoritaire qui ressemble parfois à un attelage chaotique et usée de devoir subir les affronts et les critiques des partis censés la soutenir de l’extérieur.

Mais comment constituer un gouvernement de plein exercice, si l'on revient à la case départ et aux blocages insolubles d'avant la crise sanitaire entre la N-VA et le PS? Après les premières semaines de pandémie, où la décence imposait aux responsables politiques une certaine retenue, les ambitions politiciennes ont fait leur retour. Et paradoxalement, c'est le président du MR Georges-Louis Bouchez, qui semble en campagne éléctorale permanente, qui focalise l'irritation de ses collègues, écolo notamment. La discrétion et la patiencene ne sont -il faut le dire- pas son fort.

Les socialistes, eux, attendent leur heure, persuadés que les lignes vont finir par bouger. Des élections anticipées? La plupart des partis les craignent comme la peste. Mais accusent leurs concurrents de les appeler de leurs voeux.

On imagine mal de convoquer la population aux urnes dans le contexte sanitaire actuel. Et on imagine mal ce gouvernement minoritaire survivre au-delà de septembre. Faudra-t-il alors imaginer les affaires courantes jusqu’en 2024? Sophie Wilmès n'a peut-être pas dit son dernier mot...

(LpR avec La Libre/Picture: Pixabay)

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