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Deux ans de prison pour avoir harcelé les ministres?

Le ministre wallon Jean-Luc Crucke a déjà annoncé qu'il ne s'adresserait pas à la justice, mais que fera Joke Schauvliege, qui avait mis sa gaffe et son épuisement sur le compte de la fatigue générée par cette opération?

Rappelez-vous, c'était il y a une semaine : à l'initiative du collectif 'Act for Climate Justice', l'opération
Wakeupyourministers.be avait fait grand bruit.

L'idée? Faire pression sur les ministres en charge du climat en les inondant de messages des citoyens via une plateforme facilitant les appels, mails et SMS: l'opération avait rencontré un succès certain avec des dizaines de milliers de participants et une saturation complète des boîtes mail et des lignes téléphoniques des ministres.

La justice va-t-elle se saisir de cette affaire? Ce n'est pas impossible. Précisons d'emblée que les citoyens qui ont envoyé un message ou un mail via la plateforme ne risquent rien.

Mais qu'en est-il des activistes qui ont conçu le site web et ont organisé la saturation des lignes? Pauvent-ils être accusés de harcèlement? "Il suffit d'une plainte d'un ministre concerné ou d'une initiative du parquet pour qu'une enquête soit menée, et là, les personnes à l'origine de l'opération seront poursuivies", explique l'expert en cybercriminalité Philippe Van Linthout.

Le ministre wallon Jean-Luc Crucke a de son côté déjà annoncé qu'il ne porterait pas plainte, mais que fera Joke Schauvliege, qui avait mis sa gaffe et son épuisement sur le compte de la fatigue générée par cette opération, avant de démissionner dans le fracas médiatique que l'on sait?

"J'ai été submergée de messages et d'appels, nuit et jour, sur mon téléphone privé. Je ne pouvais plus communiquer normalement". Pour Philippe Van Linthout, c'est clair: "On peut considérer cette action comme du harcèlement moral car l'expéditeur (les créateurs de la plateforme) savait ou aurait dû savoir que les personnalités politiques concernées risquaient d'être extrêmement perturbées. De plus, il n'est pas autorisé d'utiliser des moyens de communication pour créer des nuisances ou causer du tort. Créer un tel système est également punissable".

Les intéressés sont passibles d'une peine allant jusqu'à deux ans de prison et d'une amende maximale de 2.400 euros.

(LpR/Picture : Unsplash )

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Sport and data journalist @Tagtik - Crystal Palace, Andy Hampsten, Antoine Blondin & Sachin Tendulkar - redaction@tagtik.be

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