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Le futur kamikaze du métro Maelbeek avait été repéré

Selon le comité R, les informations tirées de Vigilant Guardian et notamment la présence de Khalid El Bakraoui à Zaventem, n'avaient pas été communiquées à tous les départements et services potentiellement concernés par ce tuyau...

Nous sommes le 5 mars 2016, soit deux bonnes semaines avant les attentats de Bruxelles, perpétrés à Zaventem et à la station de Métro Maelbeek. Un soldat en patrouille à l'aéroport de Bruxelles-National reconnaît dans la foule Khalid El Bakraoui, futur kamikaze du métro Maelbeek.

Ce militaire est en mission de surveillance dans le cadre de l'opération Vigilant Guardian, décidée après les attentats de Paris. Il a identifié le futur terroriste sur la base d'une liste de noms et de photos de suspects, après les attaques de novembre 2015 au Bataclan et au Stade de France.

A l'époque, la police avait été prévenue mais n'avait pas pu mettre la main sur El Bakraoui, ressort-il d'une réponse fournie par le ministre de la Défense à une question écrite du sénateur Lionel Bajart (Open Vld).

Le comité R, qui a enquêté sur l'action des services de renseignement à cette période, s'est penché avec beaucoup d'attention sur la transmission des informations dans cette affaire.

Selon le comité R, les informations tirées de Vigilant Guardian et notamment la présence de Khalid El Bakraoui à Zaventem, n'avaient pas été communiquées à tous les départements et services potentiellement concernés par ce tuyau.

Il note même la passivité du Service Général de Renseignement et de Sécurité, le SGRS, alias le renseignement militaire. Celui-ci n'avait en effet pas jugé utile de transmettre ces informations à la Sûreté de l'Etat et à l'Organe de Coordination et d'Analyse de la Menace (OCAM).

Pire, le SGRS ne traitait même pas ces infos, estimant que cela relevait de la compétence de la police fédérale, pour le compte de laquelle les militaires accomplissaient cette mission de surveillance.

Le jugement du comité R sur ces manquements et sans appel: "le SGRS n'est pas dispensé de vérifier si, dans les documents envoyés, il n'y a pas, le cas échéant, des informations qui peuvent concerner le service".

Des conclusions qui rejoignent celles de la commission d'enquête parlementaire sur les attentats qui avait pointé du doigt le travail des services de renseignement et la coopération entre les services.

La réorganisation du SGRS a depuis lors mené à la création d'un poste de coordinateur de la lutte contre le terrorisme.

(LpR/Photo by Specna Arms on Unsplash)

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