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L'OTAN redoute un nouveau califat en Afghanistan

La recrudescence des attaques contre les forces de sécurité afghanes fait redouter le pire des scénarios : l'utilisation du pays comme base arrière pour les "groupes terroristes" défaits en Syrie et en Irak

Le patron de l'OTAN, Jens Stoltenberg, se fait du souci. Ce qui l'inquiète? La recrudescence des attaques contre les forces de sécurité afghanes, qui subissent de lourdes pertes ces dernières semaines. De quoi redouter le pire des scénarios : l'utilisation du pays comme base arrière pour les "groupes terroristes" défaits en Syrie ou en Irak.

"Il y a un risque important que les talibans reviennent et permettent aux groupes terroristes de s'installer", a-t-il prévenu mercredi devant les 29 Ministres des affaires étrangères des pays de l'Otan, réunis à Bruxelles.

M. Stoltenberg va plus loin. Il explique que le risque est réel que des groupes terroristes issus du théâtre irako-syrien se replient actuellement dans certaines région afghanes. "Nous devons garantir la sécurité de nos citoyens en évitant que l'Afghanistan ne devienne une plateforme pour les terroristes défaits en Irak et en Syrie. Il n'est pas question que le califat perdu par Daech en Irak et en Syrie soit rétabli en Afghanistan", a-t-il insisté.

Jens Stoltenberg a plaidé pour le maintien d'une présence de l'Otan sur place malgré les lourdes pertes subies au cours de ces dernières semaines. L'Otan est présent avec un contingent de 16.910 soldats en Afghanistan dans le cadre de la mission 'Resolute Support', conçue pour former, conseiller et aider les forces armées locales.

Fin novembre, trois soldats américains ont encore été tués par une bombe artisanale près de la ville de Ghazni dans le centre de l'Afghanistan. Certains s'interrogent à voix haute sur la capacité des forces afghanes à faire barrage aux talibans, dont les forces sont estimées à quelque 60.000 combattants dans le pays.

Le président afghan Ashraf Ghani a expliqué le mois dernier que près de 30.000 membres des forces afghanes avaient été tués depuis qu'elles ont pris en charge en 2015 la sécurité dans ce pays trop longtemps déchiré par la guerre.

Les populations civiles paient également un lourd tribut à ces troubles. Un récent rapport de la Mission des Nations unies en Afghanistan (MANUA) a répertorié 2.798 civils tués et 5.252 blessés entre janvier et septembre.

(LpR/Picture: Pixabay)

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